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Connaissez-vous la paraskevidékatriaphobie ?

Sous ce nom insolite se cache la version extrême d’une appréhension plutôt répandue. Ce mot vient du grec et se décompose de la manière suivante : paraskevi « vendredi », decatreis « treize » et phóbos « peur ». Ainsi, un paraskevidékatriaphobe entretient une peur irraisonnée à l’égard du vendredi 13. Bien que cette peur puisse paraître relativement saugrenue, le vendredi 13 laisse rarement indifférent, que l’on considère cette journée comme propice à la malchance ou bien au contraire à un jour de chance hors pair.

Qui peut souffrir de paraskevidékatriaphobie ?

Un peut tout le monde. Il suffit simplement d’être superstitieux. Parmi les paraskevidékatriaphobes, on relève quelques noms célèbres comme Napoléon, Henry Ford ou encore Stephen King (qui rédigea d’ailleurs un article détaillé sur cette phobie particulière dans le New York Times en 1984). Pour l’anecdote, on peut également mentionner le cas d’Arnold Schönberg, un compositeur viennois qui souffrit toute sa vie d’une terrible peur superstitieuse à l’égard du chiffre 13, et plus particulièrement du vendredi 13, alors qu’il était lui-même à la date fatidique du vendredi 13 septembre 1874 ! Ainsi, il alla jusqu’à paginer ses partitions en remplaçant le chiffre 13 par un 12 bis… Ironie du sort, ce paraskevidékatriaphobe notoire mourut à la date non moins fatidique du vendredi 13 juillet 1951 !

Pourquoi cette phobie existe-t-elle ?

La paraskevidékatriaphobie s’apparente à une phobie plus générale, la triskaïdékaphobie, c’est-à-dire la peur du chiffre 13. Il existe plusieurs explications sur l’origine de méfiance entretenue par notre société à l’égard de ce chiffre 13.

Les origines bibliques

Une première explication trouve son origine dans la Bible, et plus particulièrement dans les débuts de la chrétienté. Alors que Jésus réunit ses 12 apôtres au cours de la Cène, il se trouve trahi par Judas. S’il apparaît que le chiffre 13 n’a pas été bénéfique pour Jésus, le vendredi évoque également une certaine négativité car il s’agit du jour de la crucifixion.

Les origines romaines

Pour les romains, le chiffre 12 incarnait l’harmonie et la perfection : leur société antique dénombrait 12 dieux, 12 constellations, etc. Ajouter une unité au chiffre parfait revient alors à rompre l’équilibre des choses.

Les origines scandinaves

Une autre explication vient des mythes nordiques antiques. Alors qu’Odin, le dieu des guerriers, avait réuni 11 de ses amis pour un banquet, il omit d’inviter Loki, le dieu de la guerre. Celui-ci décida de s’inviter malgré tout. Il joua alors totalement le rôle de trouble-fête et se disputa avec Balder, à la fois fils d’Odin et dieu de l’amour, qui désirait chasser l’intrus. Loki tua Balder d’une flèche empoisonnée tirée dans le cœur. Pour cette raison, le chiffre 13 est considéré comme négatif dans les pays Scandinaves.

Le vendredi, quant à lui, a aussi hérité d’une connotation négative à l’occasion de la conversion de la Scandinavie au christianisme. Pour mieux convertir le peuple scandinave, Frigga, la déesse de l’amour et de la fertilité qui était célébrée le vendredi, fit les frais de la diabolisation des croyances païennes et fut peu à peu transformée en une sorcière impitoyable envers les hommes.

Un évènement historique marquant

L’arrestation des Templiers de Jacques de Molay ordonnée par Philippe le Bel le vendredi 13 octobre 1307, qui s’ensuivit par un massacre de masse, vient renforcer le caractère négatif de cette journée à part qu’est le vendredi 13.

 

A quelle fréquence un paraskevidékatriaphobe doit-il affronter sa peur ?

En fonction de l’année, il y a entre 1 et 3 vendredi 13 portés sur le calendrier. Si cela ne représente que peu de jours, il a été prouvé mathématiquement qu’il y a en moyenne plus de vendredi que d’autres jours tombant un treizième jour de mois… Bien que cette perspective fasse frémir les phobiques du vendredi 13, elle réjouit à l’inverse les dékatriaphiles qui vénèrent le chiffre 13 et s’empressent de jouer à la loterie ces jours-là.

Quelles sont les conséquences de la peur du chiffre 13 et du vendredi 13 ?

Loin d’être considérées comme des peurs enfantines, la triskaïdékaphobie et la paraskevidékatriaphobe présentent un impact économique et sociétal. On observe un ralentissement général de l’économie au profit de la loterie qui voit son nombre de participants exploser.

Ainsi, les phobiques préfèrent rester cloîtrés chez eux le jour J. Les sociétés de transport remarquent une moindre fréquentation des lignes aériennes et ferroviaires le vendredi 13. Cette tendance est particulièrement marquée aux États-Unis. Les compagnies aériennes évitent généralement d’avoir des rangées 13 dans leurs avions, tout comme certains hôtels n’ont pas de 13ième étage.

Cette phobie n’est pas universelle. Les pays asiatiques sont, quant à eux, plutôt frappés par la peur du chiffre 4, la tétraphobie, et évitent toute allusion au 4 dans la vie quotidienne, les ascenseurs, etc.

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